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SOPK : comprendre le syndrome (et le bordel hormonal)

Tu sais, ce moment où tes règles disparaissent, ton acné revient en mode “pack premium”, et on te sort un “c’est le stress madame” ? 🫠
Bienvenue dans le club des personnes qui ont peut-être un SOPK (syndrome des ovaires polykystiques) un trouble hormonal ultra fréquent et pourtant encore massivement sous-diagnostiqué.


1) Le SOPK, c’est quoi exactement ?

Le SOPK est un trouble hormonal où une dérégulation de la signalisation endocrine entraîne souvent une hyperandrogénie (trop d’androgènes) + une ovulation capricieuse (voire absente) → cycles irréguliers, acné, pilosité, infertilité parfois, etc.

📌 Chiffres qui piquent : l’OMS estime que le SOPK touche environ 10–13% des femmes en âge de procréer, et qu’environ 70% ne savent même pas qu’elles l’ont.

“Polykystique” ≠ “j’ai des kystes géants”

Le terme est trompeur : dans la majorité des cas, on voit plutôt une multitude de follicules immatures (des “mini poches” contenant un ovocyte) dont le développement s’arrête en route.


2) Comment nos hormones sont censées fonctionner (version claire)

Ton cycle, c’est une discussion entre :

  • le cerveau (hypothalamus/hypophyse),

  • les ovaires,

  • l’utérus.

Le cerveau envoie une hormone “chef d’orchestre” : GnRH (en pulsations), qui fait sécréter par l’hypophyse :SOPK

  • FSH : aide les follicules à grandir

  • LH : déclenche l’ovulation (le fameux pic)

Les ovaires produisent ensuite :

  • œstradiol (œstrogènes) : prépare l’endomètre, participe au signal qui déclenche le pic de LH

  • progestérone : domine après l’ovulation, stabilise l’endomètre ; quand elle chute → règles

En cycle “classique” :

  1. début de cycle : FSH remonte → follicules poussent

  2. milieu de cycle : œstradiol haut → pic de LH → ovulation

  3. après : progestérone monte → puis redescend si pas de grossesse → règles


3) Ce qui déraille dans le SOPK (pourquoi ça part en vrille)

Le SOPK est multifactoriel (génétique + environnement + métabolisme + cerveau/ovaires).
Mais le schéma fréquent ressemble à ça :

A) Ovulation en PLS

Si l’ovulation est rare/absente → cycles longs/irréguliers, parfois aménorrhée. (perso moi c’était l’inverse j’avais mes règles toutes les 3 semaines, 0 répit)

B) Androgènes trop hauts

Les ovaires peuvent sécréter trop d’androgènes (dont testostérone) → acné, hirsutisme, chute de cheveux type androgénique.

C) L’insuline peut amplifier le problème

Beaucoup de personnes SOPK ont une résistance à l’insuline (pas toutes !), ce qui augmente le risque de diabète de type 2 et peut aggraver le terrain hormonal.


4) Les symptômes fréquents (et ceux qu’on minimise trop)

Les plus classiques :

  • règles irrégulières ou absentes (souvent cycles >35–40 jours)

  • acné persistante, peau grasse (retour en adolescence après 30 ans)

  • pilosité excessive (visage, torse, dos…)

  • chute de cheveux sur le dessus du crâne

  • parfois : prise de poids “facile”, taches type acanthosis nigricans, fatigue, troubles de l’humeur


5) Diagnostic : prise de sang + écho… et tu peux commencer sans gynéco

Déjà : oui, ton médecin généraliste peut très bien initier le diagnostic, parce que la base c’est symptômes, bilan hormonal, et on confirme avec l’écho pelvienne.

La règle (adulte) : 2 critères sur 3

On retient le SOPK si on retrouve au moins 2 éléments :

  1. hyperandrogénie clinique (acné/hirsutisme/alopécie) ou biologique

  2. ovulation rare/absente (cycles irréguliers)

  3. aspect polykystique à l’échographie

Prise de sang : quoi doser (et quand)

  • Idéalement en début de cycle, J2 à J5.

  • Dosage clé : androgènestestostérone totale, androsténedione, DHEA-S (SDHEA) (souvent élevés dans le SOPK).
  • Et on pense aussi au bilan métabolique (glycémie/HGPO ± insulinémie, bilan lipidique, fer). Perso, le SOPK m’a rendu anémique !
    ⚠️ Important : l’évaluation hormonale se fait sans contraception hormonale (si on doit vraiment interpréter les taux, l’arrêt peut être recommandé plusieurs mois).

Échographie pelvienne : ce qu’on cherche

Une échographie pelvienne pour confirmer l’aspect polykystique.

  • Mais attention : l’écho seule ne suffit pas (certaines personnes ont cet aspect sans SOPK).

6) Et après le diagnostic : on fait quoi ?

Le SOPK n’a pas de “cure” unique : on traite les symptômes + on protège ta santé long terme.

Selon tes objectifs (peau, cycles, pilosité, désir de grossesse, métabolisme), les options peuvent inclure :

  • hygiène de vie (activité physique + alimentation adaptée, pas en mode punition)

  • contraception hormonale combinée pour réguler cycles et réduire acné/pilosité (selon profils)

  • traitements ciblés anti-androgènes selon indication médicale

  • suivi métabolique (insuline, cholestérol…) parce que le SOPK est aussi une maladie cardio-métabolique pour certaines.


Le message final (de copine à copine)

Si tu te reconnais dans la description : t’es pas “faible”, t’es pas “juste stressée”, et non, tu n’inventes pas.
Le SOPK, c’est réel, fréquent, et ça se documente (prise de sang + parfois écho) sans forcément attendre une place de gynéco dans 8 mois.


Sources

OMS (fiche SOPK, 22/01/2026)
Assurance Maladie ameli – diagnostic / bilan hormonal / écho (12/01/2026)
Inserm – dossier SOPK (maj 05/09/2024)
Recommandations 2023 (résumé Monash + publication JCEM)
Physio cycle menstruel (Vidal + NCBI Bookshelf)

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