|

SPF : à quoi sert vraiment la crème solaire et comment bien la choisir

Il y a un sujet qui revient tout le temps en skincare, en été, au printemps, dès qu’un rayon de soleil ose pointer son cul : le SPF.

Et franchement, on entend un volume industriel de conneries sur le sujet.

Le problème avec le SPF, c’est qu’on en parle tout le temps, mais très peu de gens savent vraiment ce qu’il mesure, contre quoi il protège, et surtout pourquoi autant de personnes crament malgré une crème solaire dans leur salle de bain. Et non, ce n’est pas forcément parce que “la formule est nulle”. C’est souvent juste parce qu’on l’utilise n’importe comment.

Le SPF, ce n’est pas un score de puissance, c’est une mesure de protection

Le SPF, ou Sun Protection Factor, mesure à quel point un produit aide à protéger la peau contre le coup de soleil, donc principalement contre les UVB. En gros, il indique combien d’énergie UV est nécessaire pour faire brûler une peau protégée par rapport à une peau non protégée. Ce n’est donc pas un “permis de cuire plus longtemps comme une merguez” ni un chrono magique qui te dit combien d’heures tu peux rester au soleil.

Et ça, c’est important, parce que beaucoup de gens traduisent mal le chiffre. Ils voient SPF 50 et pensent “bouclier absolu”. Sauf qu’aucune crème solaire ne bloque 100 % des UV, et aucune crème ne transforme ton visage en bunker anti-soleil. La crème solaire aide, oui. Elle ne te rend pas invincible.

UVA, UVB : les deux sont chiants, pas juste ceux qui brûlent

Quand on parle soleil, on simplifie souvent trop. Les UVB sont surtout ceux qui participent au coup de soleil. Les UVA, eux, pénètrent plus profondément et participent davantage au vieillissement cutané induit par le soleil. Donc regarder seulement le chiffre SPF, ce n’est pas suffisant : il faut aussi une protection large spectre, c’est-à-dire contre les UVA et les UVB.

En clair : un solaire bien choisi, ce n’est pas juste “un gros chiffre sur l’emballage”. C’est un produit qui protège large, pas un produit qui te rassure psychologiquement pendant que ta peau prend cher en silence.

SPF 30 ou SPF 50 : oui, il y a une différence, non, ce n’est pas magique

Le SPF 30 filtre environ 97 % des UVB. Le SPF 15 en filtre environ 93 %. Les recommandations dermatologiques grand public vont souvent vers du SPF 30 minimum, justement parce qu’il offre un niveau de protection plus robuste.

Le problème, c’est que dans la vraie vie, les gens n’appliquent presque jamais la bonne quantité. Donc même si sur le papier la différence entre 30 et 50 peut sembler petite, en conditions réelles elle peut compter, surtout si tu t’exposes beaucoup, si tu transpires, si tu vas à la plage, si tu as la peau claire, ou si tu sais déjà très bien que tu mets trois gouttes et demi pour tout le visage. Dans ce cas, prendre un SPF 50 ou 50+ a du sens.

Là où ça part vraiment en vrille : l’application

C’est là que beaucoup sabotent complètement leur protection.

Parce que oui, avoir un SPF chez toi, ce n’est pas la même chose que te protéger. La FDA recommande d’appliquer la crème solaire avant l’exposition, puis d’en remettre au moins toutes les deux heures. Et il faut réappliquer plus souvent si tu nages, transpires ou t’essuies.

Donc non, mettre un SPF le matin à 8 h, puis vivre ta journée entière au soleil jusqu’à 17 h en pensant que “c’est bon, j’en ai mis”, ce n’est pas une stratégie. C’est une illusion.

Et il y a aussi le grand classique des zones oubliées : oreilles, cou, contour de la mâchoire, nuque, mains, lèvres, dessus des pieds, raie des cheveux. Le soleil, lui, ne respecte pas ton estompage.

“Oui mais il fait gris”

Oui, et alors ?

Le fait que le ciel soit moche n’annule pas les UV. La FDA recommande d’utiliser un solaire large spectre même les jours nuageux. Donc “pas de soleil visible” ne veut pas dire “zéro exposition”.

C’est d’ailleurs là que beaucoup se font piéger : pas de grosse chaleur, pas de sensation de brûlure immédiate, donc impression d’être tranquille. Sauf que la peau, elle, prend quand même l’exposition.

Non, “waterproof”, ça n’existe pas

Autre mythe marketing rincé : la crème solaire “waterproof”.

Non. Ça n’existe pas. Les autorités américaines rappellent qu’aucun solaire n’est waterproof. Les produits peuvent être water resistant, c’est-à-dire testés pour rester efficaces 40 ou 80 minutes dans l’eau ou pendant la transpiration, mais pas plus. Et même dans ce cas, il faut réappliquer.

Donc si tu sors de l’eau, que tu t’essuies avec ta serviette comme si tu voulais décaper un mur, puis que tu te dis “ça tient encore”, non ma belle. Pas forcément.

Le SPF ne sert pas qu’à éviter de rougir moche

La crème solaire n’est pas juste là pour t’éviter de finir tomate sur la plage. Utilisée régulièrement, avec les autres mesures de protection, elle aide aussi à réduire les effets du soleil sur la peau, notamment le vieillissement cutané précoce. Un essai randomisé a même montré qu’un usage quotidien du solaire ralentissait le vieillissement cutané mesuré chez des adultes d’âge moyen.

Donc quand tu mets du SPF, tu ne fais pas juste un geste “été”. Tu protèges aussi ton capital cutané à long terme. Pas parfaitement. Pas magiquement. Mais concrètement.

Comment choisir ton SPF sans te faire embrouiller

Pour le quotidien, tu peux déjà viser simple : un solaire large spectre, SPF 30 minimum, et idéalement résistant à l’eau si tu bouges, transpires ou veux quelque chose d’un peu plus fiable au quotidien. C’est le type de critères mis en avant par l’American Academy of Dermatology.

Ensuite, très honnêtement, le meilleur solaire n’est pas forcément “le plus technique du marché”. C’est surtout celui que tu vas mettre vraiment. Celui dont la texture ne te dégoûte pas. Celui que tu supportes sous le maquillage. Celui que tu n’abandonnes pas au fond d’un tiroir après trois jours parce qu’il peluche, pique les yeux ou te donne l’impression d’avoir frit dans de l’huile.

Parce qu’un SPF théoriquement parfait, mais jamais appliqué, protège exactement autant qu’un discours LinkedIn sur la résilience : zéro.

Ce qu’il faut retenir

Le SPF mesure surtout la protection contre les UVB. Il ne suffit pas à lui seul : il faut aussi une protection large spectre contre les UVA. Un SPF 30 ou plus est généralement recommandé, avec réapplication régulière, y compris quand il fait gris. Et non, aucun solaire n’est waterproof ni capable de te rendre intouchable au soleil.

Donc la prochaine fois qu’on te dit “le SPF ça sert à rien”, tu peux répondre poliment… ou pas.

Le SPF ne fait pas de miracles.
Mais mal compris et mal appliqué, on lui fait porter la faute de nos habitudes éclatées.

Et ça, ce n’est pas de la magie. C’est juste de la biochimie et un peu de bon sens.

Sources

  • FDA. Sunscreen: How to Help Protect Your Skin from the Sun.
  • American Academy of Dermatology. How to decode sunscreen labels.
  • American Academy of Dermatology. How to select a sunscreen.
  • NHS. Sunscreen and sun safety.
  • Ameli. Dangers du soleil : comment s’en protéger ?
  • ANSM. Le point sur vos produits solaires.
  • DGCCRF. Protection solaire : les conseils pour bien choisir son produit.
  • Hughes MCB et al. Sunscreen and prevention of skin aging: a randomized trial. Ann Intern Med. 2013.
  • Green AC et al. Reduced melanoma after regular sunscreen use. J Clin Oncol. 2011.
  • Sander M et al. The efficacy and safety of sunscreen use for the prevention of skin cancer. CMAJ. 2020.

Publications similaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.